Chaque printemps, des centaines de propriétaires québécois laissent des milliers de dollars sur la table en oubliant des dépenses déductibles d’un immeuble locatif pourtant légitimes. À l’inverse, d’autres réclament des montants qui ne passeront pas l’épreuve d’une vérification de Revenu Québec ou de l’Agence du revenu du Canada. Entre les deux, une zone grise où la rentabilité réelle de votre immeuble se joue chaque année.

Ce guide dresse la liste complète des dépenses déductibles d’un immeuble locatif au Québec en 2026 : ce qui passe sans problème, ce qui demande de la nuance, et ce qui ne passe jamais. Aucun avis fiscal personnalisé ici, juste l’information dont vous avez besoin pour préparer votre déclaration ou pour valider le travail de votre comptable.

Le principe général des dépenses déductibles d’un immeuble locatif

Les revenus de location sont imposables tant au fédéral qu’au provincial. Vous déclarez vos loyers bruts perçus, puis vous déduisez les dépenses engagées pour gagner ces revenus. Le résultat net s’ajoute à vos autres revenus pour le calcul de l’impôt.

Selon la publication officielle « Le particulier et les revenus locatifs », une dépense est déductible si elle est engagée dans le but de gagner un revenu de location et qu’elle est raisonnable dans les circonstances. Cette définition large s’accompagne de plusieurs règles précises selon la nature de la dépense.

La distinction la plus importante à comprendre : les dépenses courantes sont entièrement déductibles l’année où elles sont engagées, alors que les dépenses en capital doivent être amorties sur plusieurs années via la déduction pour amortissement (DPA).

Les dépenses courantes entièrement déductibles l’année même

Voici la liste des principales dépenses courantes acceptées par Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada pour un immeuble locatif :

  • Intérêts hypothécaires sur le prêt utilisé pour acquérir ou améliorer l'immeuble
  • Taxes municipales et scolaires
  • Assurance propriétaire (immeuble, responsabilité civile, perte de loyers)
  • Électricité, chauffage et eau payés par le propriétaire
  • Entretien et réparations courantes (peinture, plomberie, électricité, vitres, serrures)
  • Frais de déneigement et entretien paysager
  • Frais de conciergerie ou de gestion de l'immeuble
  • Honoraires professionnels (comptable, fiscaliste, avocat pour dossier locatif)
  • Honoraires de gestion immobilière versés à une firme externe
  • Frais de publicité pour trouver des locataires
  • Frais bancaires liés au compte de l'immeuble
  • Frais de copropriété si l'unité fait partie d'un condo
  • Frais de déplacement pour la gestion (avec limites précises)
  • Frais juridiques pour la perception de loyers ou la défense devant le TAL
  • Permis et licences municipales
  • Frais d'enquête de crédit pour les candidats locataires

Plusieurs de ces postes sont automatiquement gérés lorsque l’immeuble est confié à un service de gestion locative professionnelle, ce qui simplifie la collecte des pièces justificatives en fin d’année.

Enfin, cette liste représente la base. Plusieurs autres dépenses peuvent être déductibles selon le contexte précis de votre immeuble.

Les dépenses en capital amortissables sur plusieurs années

Toutes les dépenses déductibles d’un immeuble locatif ne suivent pas le même traitement fiscal. Les dépenses qui prolongent la durée de vie utile de l’immeuble, en augmentent la valeur ou ajoutent une nouvelle composante doivent généralement être capitalisées.

Voici les principales catégories de DPA pour un immeuble locatif :

CatégorieType de bienTaux d’amortissement
Catégorie 1 (bâtiment résidentiel acquis après 1987)Bâtiment4 % par année
Catégorie 6 (bâtiment en bois, brique ou pierre acquis avant 1979)Vieux bâtiments10 %
Catégorie 8 (mobilier, équipements)Réfrigérateur, cuisinière fournis20 %
Catégorie 50 (équipement informatique)Ordinateur de gestion55 %

L’amortissement du bâtiment est facultatif. Plusieurs propriétaires choisissent de ne pas le réclamer afin d’éviter la récupération d’amortissement au moment de la vente, qui ramène toutes les déductions accumulées dans le revenu imposable de l’année de disposition.

L’achat initial du terrain n’est pas amortissable. Seule la portion du prix d’acquisition attribuée au bâtiment peut faire l’objet d’une DPA.

Explorez nos services de comptabilité immobilière pour optimiser cette mécanique selon votre profil.

Les dépenses spécifiques qui demandent de la prudence

Certaines dépenses déductibles d’un immeuble locatif se retrouvent dans une zone grise et déclenchent parfois des vérifications de l’ARC ou de Revenu Québec.

Les frais de déplacement et de véhicule

Vous pouvez déduire les frais de déplacement pour gérer votre immeuble (visites, inspections, rencontres avec fournisseurs). Cependant, si vous possédez un seul immeuble situé dans la même municipalité que votre résidence, les frais d’utilisation du véhicule ne sont généralement pas déductibles selon les directives du guide de l’ARC sur les revenus de location.

Avec plusieurs immeubles répartis sur un territoire plus large, les frais de véhicule deviennent admissibles, mais demandent une tenue de registre détaillée (carnet de bord, kilométrage, motif du déplacement).

Les dépenses pour partie personnelle, partie locative

Si vous habitez l’un des logements d’un duplex ou triplex, vous devez répartir les dépenses entre la portion locative et la portion personnelle. Cette répartition se fait généralement au prorata des superficies ou au prorata du nombre de logements, selon ce qui reflète le mieux la réalité économique.

Stratégies pour optimiser votre déclaration

Trois principes simples permettent de maximiser les dépenses déductibles d’un immeuble locatif sans franchir la ligne du légitime.

Dépenses déductibles d'un immeuble locatif – propriétaire analysant rapports comptables et déductions fiscales au Québec

Premier principe : tenir une comptabilité rigoureuse en temps réel plutôt qu’en mars de l’année suivante. Un compte bancaire dédié à l’immeuble, des factures classées par catégorie, et un suivi mensuel des encaissements et déboursés réduisent le risque d’oublier des dépenses légitimes.

Deuxième principe : conserver toutes les pièces justificatives pendant six ans, conformément aux exigences de l’Agence du revenu du Canada sur la conservation des documents fiscaux. Une vérification peut survenir plusieurs années après le dépôt de la déclaration.

Troisième principe : faire valider les zones grises par un comptable avant de produire la déclaration. Les honoraires comptables sont eux-mêmes déductibles, et un avis professionnel ponctuel évite généralement des redressements coûteux.

Conclusion

Les dépenses déductibles d’un immeuble locatif au Québec couvrent une large gamme de coûts opérationnels, mais demandent une compréhension précise des règles fiscales pour être réclamées correctement. Les dépenses courantes se déduisent immédiatement, les dépenses en capital s’amortissent dans le temps, et certaines zones grises (réparations versus améliorations, déplacements, parts personnelles) nécessitent une analyse au cas par cas.

Une comptabilité rigoureuse tout au long de l’année reste le meilleur investissement préventif d’un propriétaire.

Pour confier la comptabilité de votre immeuble à une équipe qui maîtrise ces règles et vous aide à optimiser votre déclaration, contactez Humanova. Nos services de gestion immobilière incluent une comptabilité complète pensée pour les propriétaires québécois.

FAQ

Les frais d’une firme de gestion immobilière sont-ils des dépenses déductibles d’un immeuble locatif?

Oui, intégralement. Les honoraires versés à une firme de gestion immobilière externe font partie des dépenses déductibles d’un immeuble locatif au Québec. Ils sont considérés comme une dépense courante engagée pour gagner un revenu de location et se déduisent en totalité l’année où ils sont engagés, sans plafond particulier. C’est l’une des déductions les plus simples à appliquer pour réduire votre revenu net déclaré.

Dois-je amortir mon immeuble locatif chaque année?

Non, la déduction pour amortissement (DPA) est facultative et reste un choix stratégique. Plusieurs propriétaires choisissent de ne pas la réclamer pour éviter la récupération d’amortissement au moment de la vente, qui peut générer un impôt important sur les déductions accumulées. La décision dépend de votre tranche d’imposition actuelle versus future, et de votre horizon de détention prévu. Un avis professionnel personnalisé est souvent rentable sur ce point.

Les rénovations majeures se déduisent-elles l’année des travaux?

Pas en totalité. Les rénovations qui prolongent la durée de vie utile de l’immeuble, augmentent sa valeur ou ajoutent une nouvelle composante doivent être capitalisées et amorties sur plusieurs années. Refaire une toiture, remplacer toutes les fenêtres ou ajouter une extension entrent généralement dans cette catégorie. Les réparations qui restaurent l’état original restent par contre déductibles en totalité l’année des travaux.

Francis Houle - Président de Gestion Immobilière Humanova

Francis Houle

Président

Francis, est un leader dynamique passionné par l'investissement immobilier. Son expertise en ingénierie financière (diplôme du MREX) et son dévouement à offrir un service client de qualité font de lui le guide idéal pour vos projets immobiliers.

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