Un avis de hausse de loyer vient d’arriver et le montant semble élevé. Avant de signer ou de plier, sachez que la loi québécoise donne le droit de refuser cette augmentation et de rester dans le logement, sous certaines conditions.

Cet article explique étape par étape comment contester une augmentation de loyer au Québec : les délais à respecter, la méthode de calcul utilisée par le Tribunal administratif du logement et les documents à préparer si le dossier se rend à une audience.

Les droits du locataire face à une hausse de loyer au Québec

Au Québec, il n’existe pas de taux fixe imposé pour l’augmentation des loyers. Chaque année, le Tribunal administratif du logement publie un taux de base qui sert de référence, sans constituer un plafond obligatoire. Depuis le 1er janvier 2026, ce taux repose sur la moyenne de l’indice des prix à la consommation au Québec calculée sur trois ans, plutôt que sur l’IPC d’une seule année.

Pour les baux débutant entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027, ce taux de base s’établit à 3,1 %. Un propriétaire peut justifier une hausse supérieure à ce taux si des dépenses précises l’expliquent : augmentation des taxes municipales ou scolaires, hausse des primes d’assurance, ou travaux majeurs réalisés sur l’immeuble.

Une hausse nettement supérieure au taux de base, sans documentation appuyant ces dépenses, est généralement contestable.

Les délais pour refuser une augmentation de loyer

Le respect des délais est l’élément le plus important d’une contestation. Un refus envoyé en retard équivaut légalement à une acceptation de la hausse.

Voici les délais que le propriétaire doit respecter pour envoyer son avis, selon la durée du bail :

  • Bail d’un an ou plus : avis entre 3 et 6 mois avant la fin du bail
  • Bail de 6 mois à 1 an : avis entre 1 et 2 mois avant la fin
  • Bail de moins de 6 mois : avis entre 1 et 2 semaines avant la fin
  • Bail à durée indéterminée : avis d’au moins 1 mois

Une fois l’avis reçu, le locataire dispose d’un seul mois pour répondre. Sans réponse dans ce délai, la loi considère que l’augmentation est acceptée, sans recours possible par la suite.

Comment contester une augmentation de loyer par écrit

Pour contester l’augmentation, une réponse écrite doit être envoyée au propriétaire dans le mois suivant la réception de l’avis. Le silence équivaut à une acceptation : une réponse verbale ne suffit pas et ne peut pas être prouvée en cas de litige.

Ce que doit contenir l’avis de refus

La lettre doit clairement indiquer que le locataire refuse l’augmentation proposée et souhaite demeurer dans le logement. Le formulaire officiel du TAL prévu à cet effet peut être utilisé, ou une lettre rédigée et datée par le locataire.

Une preuve de l’envoi et de la réception doit toujours être conservée : courriel avec accusé de réception, lettre recommandée ou remise en main propre avec signature. Cette preuve sera essentielle si le dossier se rend devant le Tribunal.

Rédaction d'une lettre de refus pour contester une augmentation de loyer au Québec

Que se passe-t-il après un refus au TAL

Une fois le refus envoyé, la responsabilité de faire avancer le dossier change de camp. C’est maintenant au propriétaire de décider s’il souhaite maintenir sa demande d’augmentation.

Le rôle du TAL dans la fixation du loyer

Si le propriétaire souhaite maintenir la hausse contestée, il doit déposer une demande de fixation de loyer au Tribunal administratif du logement dans le mois suivant le refus. S’il ne le fait pas dans ce délai, la hausse devient automatiquement caduque et le bail se reconduit aux conditions actuelles, sans aucune démarche supplémentaire de la part du locataire.

Si le propriétaire dépose sa demande, il devra fournir au Tribunal le formulaire détaillant les revenus et les dépenses de l’immeuble : taxes, assurances, frais d’énergie, d’entretien et de gestion. Ce document doit être transmis au locataire, avec preuve de notification au Tribunal.

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Les critères utilisés pour déterminer un loyer raisonnable

Le TAL fixe le loyer en tenant compte de l’augmentation réelle des coûts assumés par le propriétaire. La nouvelle méthode en vigueur depuis 2026 simplifie ce calcul en se basant principalement sur la moyenne triennale de l’IPC, ajustée si des dépenses spécifiques et documentées le justifient.

Jusqu’à la décision du Tribunal, le locataire doit continuer à payer le loyer actuel. Si la décision survient après la date prévue de renouvellement, le Tribunal peut permettre d’échelonner le paiement des arriérés sur la durée du nouveau bail.

Documents et preuves à rassembler avant l’audience

Si le dossier se rend devant le Tribunal, une préparation rigoureuse augmente les chances d’obtenir une décision favorable.

Type de documentCe qu’il permet de démontrer
Copie de l’avis d’augmentation reçuLa date de réception et le contenu exact de la demande
Copie de la lettre de refusLe respect du délai d’un mois pour contester
Bail actuel et historique de loyerLe montant de référence pour le calcul de la hausse
Calcul du taux de base TAL applicableLa comparaison entre la hausse demandée et la référence officielle
Preuves de l’état du logementL’absence de travaux majeurs justifiant une hausse importante

L’outil de calcul officiel du Tribunal administratif du logement permet d’estimer si la hausse proposée dépasse significativement le taux de référence applicable au bail concerné.

Locataire préparant ses documents avant une audience au Tribunal administratif du logement

Conclusion

Contester une augmentation de loyer au Québec est un droit encadré par des délais précis qu’il faut respecter scrupuleusement. Un refus écrit envoyé dans le mois suivant la réception de l’avis protège le droit de rester dans le logement aux conditions actuelles, le temps que le dossier soit traité, et place ensuite la responsabilité de la suite des démarches sur le propriétaire. Documenter chaque étape et consulter les ressources officielles avant l’échéance demeure la meilleure protection en cas de doute sur le calcul applicable.

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FAQ

Un locataire peut-il refuser toute augmentation de loyer au Québec?

Oui, dans la grande majorité des cas. Le locataire peut refuser une hausse de loyer et demeurer dans son logement, sauf exception. Si le logement se trouve dans un immeuble construit ou converti à des fins locatives depuis cinq ans ou moins, le refus de l’augmentation oblige généralement le locataire à quitter à la fin du bail en cours.

Combien de temps a-t-on pour contester une hausse de loyer?

Le locataire dispose d’un seul mois à compter de la date de réception de l’avis d’augmentation pour envoyer son refus par écrit au propriétaire. Passé ce délai, la loi considère que l’augmentation est acceptée, sans possibilité de revenir en arrière. Une preuve datée de l’envoi du refus est essentielle pour protéger les droits du locataire.

Le TAL peut-il imposer une augmentation plus élevée que celle proposée?

Oui, c’est possible. Le Tribunal fixe le loyer selon les coûts réels assumés par le propriétaire, pas uniquement selon le montant initialement proposé. Si les dépenses documentées de l’immeuble justifient une hausse supérieure à celle annoncée dans l’avis, le TAL peut rendre une décision fixant un loyer plus élevé que la demande initiale.

Francis Houle - Président de Gestion Immobilière Humanova

Francis Houle

Président

Francis, est un leader dynamique passionné par l'investissement immobilier. Son expertise en ingénierie financière (diplôme du MREX) et son dévouement à offrir un service client de qualité font de lui le guide idéal pour vos projets immobiliers.

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